Portrait : Madame Wacheux - Office de tourisme Pierre Sud Oise

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Portrait : Madame Wacheux

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Madame Wacheux |
Apicultrice à Saint-Leu-d’Esserent

Office de tourisme : Bonjour, Mme Wacheux, pouvez-vous vous présenter ?
Madame Wacheux : Bonjour, je suis Mme Martine Wacheux. J’ai passé toute mon enfance et mon adolescence à Saint-Leu-d’Esserent. Puis une fois mariée, nous avons simplement changé de quartier (Nord de la France, Normandie, Turquie et Roumanie et enfin Lyon). Nous avons abandonné Saint-Leu-d’Esserent pour raison professionnelle pendant un peu plus de 20 ans. Mon mari m’a fait découvrir le monde des abeilles dans les années 70. Nos 3 enfants ont grandi parmi les abeilles. Depuis 6 ans, nous sommes à nouveau dans notre maison et nous avons rapatrié nos ruches de Lyon.

OT : Pouvez-vous me parler de l’histoire de vos ruches ?
Mme W : En 1971, nous avions 2 ruches. Puis Melle Fossard, propriétaire du prieuré de l’Abbatiale, arrêtant son activité, nous a proposé alors de reprendre ses 4 ruches. Aujourd’hui, nous avons 20 ruches en production et un élevage de reine.

OT : Combien d’abeilles vivent dans une ruche ?
Mme W : 45 000 abeilles en été et 5 000 abeilles en hiver. Une abeille en pleine saison est épuisée au bout de 45 jours alors qu’elle vit en moyenne 120 jours l’hiver. Quant à la reine, sa longévité est de 3 ans dans les conditions environnementales d’aujourd’hui. Elle était de 5 ans il y 20 ans.

OT : A quoi sert un élevage de reine ?
Mme W : L’élevage de reine sert à changer les reines tous les 2-3 ans. Au-delà elles ne sont plus efficaces, et cela peut même devenir préjudiciable pour la ruche. Nous en élevons également pour d’autres éleveurs qui n’ont pas le temps de le faire.

OT : Que faites-vous du miel récolté ?
Mme W : Nous avons une petite production de miel, que nous vendons lors du Marché 100% Picard. Nous faisons du dépôt vente dans la boutique de l’Office de tourisme, à la boulangerie Carlier à Saint-Leu-d’Esserent et à notre domicile. Toutes mes ruches sont positionnées à différents endroits sur la commune de Saint-Leu-d’Esserent. Le résultat est surprenant : alors que les ruches ne sont distantes que de quelques centaines de mètres, les miels récoltés ont des nuances de saveur et de couleur. Cela permet de comprendre que les caractéristiques d’un miel sont aussi le reflet de l’évolution d’une colonie pendant une saison. Ainsi, en fonction de l’activité de ponte de la Reine liée à de multiples facteurs (âge et race de la Reine, climat, implantation de la ruche), les nectars récoltés sont sensiblement différents. Mes ruches sont sédentaires, leur miel est composé pour une grosse part de tilleul et de fleurs des jardins.

OT : Pourquoi réalisez-vous des animations sur les abeilles et la nature auprès d’enfants et d’adultes ?
Mme W : Tout d’abord c’est le plaisir d’échanger avec les personnes intéressées par l’environnement, et les enfants sont les plus demandeurs. C’est aussi leur faire découvrir le monde des abeilles, leur apprendre les bons gestes afin qu’ils deviennent à leur tour Ambassadeur der la Nature.

OT : Les bons gestes c’est quoi ?
Mme W : C’est avant tout observer, respecter la nature, favoriser les plantes mellifères (légumineuses) telles que les carottes, et aussi les arbres fruitiers, les champs de colza, et tout simplement les fleurs. Notre but est d’améliorer le bien être des abeilles et des autres insectes. Le fait d’être un peu responsable de la pollinisation des fraisiers, des pommiers… est aussi une grande fierté…

OT : De quoi se nourrissent les abeilles ?
Mme W : De miel… Le miel est la nourriture des abeilles, ainsi que le pollen également appelé pain d’abeilles : ce mélange de miel, d’eau et de pollen donnera l’apport en protéine pour l’élevage des abeilles. On récolte les miels de printemps et d’été, le miel d’automne est le grenier ou garde-manger des abeilles pour la saison hivernale.

OT : A quoi sert la propolis ?
Mme W : Pour les abeilles, c’est un aseptisant étanche qui permet de protéger la ruche des intrusions, et qui bouche tous les interstices. Mais c’est aussi très bon pour la santé des humains car c’est un antimicrobien, un cicatrisant, ou encore un anti-inflammatoire. Elle était utilisée par les égyptiens de l’Egypte Ancienne pour l’embaumement des momies. Ils élevaient alors les abeilles dans des jarres.

OT : Quels sont vos souvenirs les plus marquants ?
Mme W : La 1 ère récolte... Mais finalement chaque récolte est toujours un plaisir, une satisfaction ; une sorte de miracle de la nature ! Le miel, c’est le résultat du dur labeur des abeilles.

OT : Depuis une dizaine d'année, on assiste à une hécatombe des abeilles et des petits apiculteurs, pourquoi ?
Mme W : Comme toute apicultrice, je suis bien sûr préoccupée par ce syndrome d’effondrement des colonies, d’autant que les ravageurs se multiplient. L’utilisation intensive des pesticides a un impact majeur sur les conditions de vie des colonies. Le dernier en date est le frelon asiatique (Vespa velutina). Il s’ajoute aux problèmes des varroas (acariens), aux nombreuses maladies et à l’appauvrissement écologique auxquelles l'abeille doit faire face.

 
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