Portrait : Monsieur Crépin - Office de tourisme Pierre Sud Oise

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Portrait : Monsieur Crépin

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Monsieur Crépin |
Habitant de Saint-Vaast-lès-Mello


Office de tourisme : Mr Crépin qui êtes-vous et d'où venez-vous ? Nous voulons tout savoir !
Monsieur Crépin : Je suis Picard, né à Amiens.
Je suis un passionné d’avions ; mon père était mécano en Aéroclub. J’ai volé la première fois vers l’âge de 13 ans sur un avion construit en famille. Et j’ai eu envie d’y retourner. Je suis entré dans l’Armée de l’Air à 16 ans à l’Ecole Technique de Rochefort qui forme les écuyers du Ciel*.
J’ai été mécanicien dans l‘Armée de l’Air pendant 23 ans, sur un bombardier en Indochine, puis sur différents avions de chasse à Reims et en Allemagne pendant la Guerre Froide.
J’ai quitté l’Armée en 1973 pour devenir rédacteur en chef d’une revue de loisirs techniques. Je fais du modélisme depuis mon adolescence.
Pour l’anecdote, mon lieu de travail étant Paris, je me suis installé sur le camping du Pré des Moines à Saint-Leu-d’Esserent avant de trouver un logement dans la région et faire venir ma famille. Je prenais le train chaque jour en passant devant l’Office de tourisme.
Le soir, accompagné d’une odeur de betteraves cuites, je retrouvais ma caravane en me faisant des frayeurs le long du petit bout de route qui mène du pont de Saint-Leu-d’Esserent au Pré des Moines.
Je me suis installé à Laigneville et je suis devenu «migrant pendulaire». J’adore cette expression qui qualifie dans certaines sphères les gens qui vont bosser à Paris. Les trains de banlieue, on y adopte une place dans un compartiment, dans un wagon bien précis, toujours le même.
On y fait des rencontres. Dans «mon» wagon, il y avait des conseillers et adjoints de Laigneville. L’un d’eux chargé de la Jeunesse et des Sports préparait ses dossiers, ses réunions dans le train. J’ai proposé mon aide pour des animations. Et aux élections suivantes, je suis entré au conseil municipal. J’ai travaillé sur les centres aérés, les colos, les classes de neige, organisant de nombreuses courses de voitures électriques radiocommandées.
Mon travail m’a amené à me déplacer en Europe pour rendre compte de compétitions, assister à des salons, à participer à des émissions de télévision puis à la création du Salon de la Maquette à la Porte de Versailles. (27 participations)
J'ai terminé ma carrière professionnelle à la Fédération Nationale Aéronautique comme gestionnaire d'activités sportives aéronautiques (meetings, organisation du Tour de France des Jeunes Pilotes, rallyes aériens).

OT : Pourquoi avoir quitté  Laigneville pour Saint-Vaast-lès-Mello ?qu'est-ce qui vous a poussé à partir vivre ici ?
M. C : Le hasard ou presque !!
Mon épouse avait une collègue qui habitait Saint-Vaast-lès-Mello, on y venait quelquefois. Un jour, nous sommes venus leur rendre visite, une maison était à vendre… On l’a acheté. La maison est superbe, confortable et située dans un écrin de verdure à deux pas de la montée des Glachoirs.
L’année suivante, je suis entré au conseil municipal. Explication: les maires de Laigneville et de Saint-Vaast-lès-Mello travaillaient dans la même entreprise !! J’ai été pistonné !!
Au sein du conseil, je me suis intéressé au patrimoine et j’ai pris en charge le bulletin municipal.
Dans le premier bulletin, j’ai publié un texte qui est à la fois un constat et une déclaration d’amour à la commune.
Extraits
«Je vois de superbes installations sportives municipales sur lesquelles il ne se passe rien.
Vient  la Fête Communale, et à cette occasion on s'offre un  "magnifique" son et lumière.
Qu'elle était superbe l'église sous cet éclairage intense,
Pauvre église chancelante, symbole du village, symbole de la vallée, elle mérite bien son coup de projecteur annuel à défaut de crédits pour la rénover.
Une autre fois  je rencontre un carrier retraité qui gentiment m’emmène visiter les carrières. Lui aussi me parle d'autrefois. Il me raconte sa vie, me montre les traces de son travail avant qu'elles ne soient définitivement effacés par le remblai. Il évoque la vie à St Vaast et je crois entendre le bruit des grues, des wagonnets, sentir l'odeur des bistrots.
Nostalgie, torpeur, St Vaast tu meurs»
Il y a plein de choses à faire. Ici ce n'est pas Paris, ce n'est pas la banlieue, c'est le grand air, la nature, Sortez vos mobs, grimpez les cavaliers.
C'est privé, interdit et ça va faire du bruit les échappements.
Et alors: Interdire ou  canaliser, encadrer. Il n’y aurait pas un coin de carrière pour faire du cross.
Ca sent mauvais !
Désolé, mais je préfère l'odeur du ricin à celle du cannabis.
Et l'escalade ? Combien de jeunes de St Vaast à l'escalade.
C'est privé c'est interdit.
Dommage
Pourtant, je vois des jeunes, des familles entières, garer leurs voitures au parking. En montant, ils achètent leur pain .Ils passent la journée accrochés à des pitons et repartent "heureux». Tiens: A l'inverse de l'étang, aux Glachoirs il n’y a pas de détritus.
St Vaast tu dors sur un trésor.
L'Étang je n’en ai pas encore parlé. Vous l'avez  bien regardé, il est aussi beau qu’un lac finlandais ou canadien. Il  mériterait bien de mobiliser quelques bonnes volontés en plus de nos pauvres employés qui toutes les semaines ramassent les détritus.
St Vaast tu dors sur un trésor.
Au passage, bravo pour les lavoirs et les fontaines.
Carriers, réveillez vous !
Vous n'avez pas fini le boulot, vous et vos ancêtres avaient façonné cette commune. Vous avez fait les trous. On ne va pas vous demander de les boucher mais de suivre la manière dont ils vont être rebouchés. L'environnement délabré mériterait bien quelques compensations ?
Vigilance: ne pas laisser faire n’importe quoi.
Le réaménagement du paysage s'il est effectué correctement pourrait être une chance pour la commune.
St Vaast "Station Verte" à 35 minutes de Roissy.
Cette commune, vous venez de nous élire pour la gérer.
Il ne suffit pas de mettre un bulletin dans une urne et de se satisfaire du devoir accompli. Que peut faire un chef d'orchestre sans musiciens ? Il faut des relais, des bonnes volontés pour encadrer, animer, réfléchir, râler.
Râler pour que ça change car nos seules ressources sont dérisoires devant l'énormité du travail à accomplir.
On est que de passage sur cette terre et le patrimoine il faudra bien le transmettre dans le meilleur état possible aux générations suivantes.
Il y a du boulot, je crois »

OT : Pendant mes deux mandats, je me suis efforcé de mettre mes actes en accord avec mes propos.
M. C : Des gens m’ont compris et aidé. Hélas, nombreux sont à présent au cimetière. J'ai été «l'Ecuyer» de Yann Lefebvre le secondant de mon mieux lors de la création de la Communauté de Communes Pierre Sud Oise.
Au fil des années, dans le bulletin, j’ai pu raconter, mettre en valeur le travail des Anciens Carriers dont j’étais devenu l’ami, j’ai pu me lamenter sur l’état de l’église pour qu’enfin quelque chose se passe.
Et puis il y a eu la Randonnée des Carrières, la première réalisée par les services de la Communauté de Communes Pierre Sud Oise dont la charge d’en faire la promotion a été donnée à l’Office de tourisme. Ça me désole de voir l’état dans lequel elle se trouve actuellement, avec les tables et bancs brûlés, les panneaux d’informations disparus.

OT : En tant qu’amoureux de ce pays, quelles sont les activités insolites à faire? Pour simplifier, que nous conseillerez-vous à un non connaisseur?
M. C : Si vous le pouvez : Volez. Prenez de la hauteur en avion, en montgolfière, en hélico.
La France vue du ciel c’est magnifique, j’ai eu la chance de parcourir ce territoire en long en large et je ne m’en lasse pas. Nos agriculteurs sont des artistes et puis la terre se raconte, montre son passé mais aussi ses blessures, les outrages que nous lui faisons subir.
Si tous les élus pouvaient découvrir leur territoire vue du ciel ? Le PLU de visu...
Ensuite: laissez la voiture et marchez à pieds.

OT : La Picardie est réputée pour sa culture gastronomique, que nous conseilleriez-vous?
M. C : Je ne vais pas vous dire ficelles picardes parce qu’elles se font avec des champignons de Paris et du jambon de Bayonne.
Non je préfère: « El flanmike à porions avec un keup d’cid ».
Os savos point qu’ché ?
La tarte aux poireaux, je vous recopie la recette.
Ou La Flamiche aux poireaux
Faire 500 g de pâte brisée.
Emincer les blancs d’un kilo de poireaux, les faire cuire doucement dans le beurre.
Battre un œuf plus un jaune avec 2 dl de crème et rajouter aux poireaux hors feu. Assaisonner.
Etaler la pâte, y verser la garniture. Couvrir d’un disque de pâte, souder les bords et faire une cheminée.
Mettre à cuire au four pendant 35 mn. 15 mn avant la fin de la cuisson, badigeonner la pâte d'un jaune d'œuf.
Servir chaud.

OT : Un dernier mot sur Saint-Vaast-lès-Mello
M. C : Il risque d’être long ce dernier mot
Je n’ai plus de responsabilité mais j’ai de nombreux contacts avec Jean Jacques Daubresse.
La commune est pauvre, et si l’on veut avancer, il faut faire la chasse aux subventions. Dommage que le travail de Jean-Jacques ne soit pas davantage mis en valeur. Il s’accroche à ses dossiers et ils vont aboutir.
L’étang, après un inventaire faunistique et floristique par le Conservatoire de sites naturels de Picardie devrait être classé prochainement en espace naturel sensible, on ne pourra plus y faire n’importe quoi. On va laisser vivre en paix les plantes et les petits oiseaux sans pour autant exclure les promeneurs. On pourra y faire de l’observation, un sentier d’interprétation faune flore va y être installé.
Ce sentier deviendra une «variante» de la Randonnée des Carrières, comme le site des Glachoirs et la clairière aux orchidées actuellement.
Aucun changement sur le circuit de la randonnée mais le parking et l’aire de pique-nique du stade seront désormais sous surveillance vidéo.
Ces deux atouts se  conjuguent et cela ne va pas coûter une fortune à la commune.
Il ne faut pas rater non plus le passage par le village de la Trans’Oise : Il pourrait y avoir un point commun: rando, sentier d’interprétation, aire de pique-nique, point d’eau, parking.
Une halte dans la Trans Oise : Saint-Vaast-lès-Mello se mérite, il vaut bien quelques douleurs dans les mollets.
En septembre, au titre des travaux d’urgence la toiture de l’église côté Nord et le dessus de la sacristie vont être refaits avec pose de gouttières en cuivre. Ça va être beau !!
La restauration de la partie du toit en pierre viendra par la suite ainsi que la restauration du clocher et des abats sons (suivant une gravure d’époque).
Avec les subventions, cela est à la portée de la commune.
Ainsi, vue de l’extérieur l’église sera en état. Pour l’intérieur les témoins n’ayant pas bougé depuis des années, il est vraisemblable qu’elle restera sous étais pour des siècles et des siècles… Surtout en ces temps de crise…
Dès maintenant il faudrait se bouger pour prévoir la réfection de vitraux et la rendre étanche.
Voilà, j’aime ce village ! Il est beau, il faut l’entretenir, l’améliorer, le respecter, ne pas le saccager.
Chez les Ecuyers, il suffisait de crier «la main d’sus» quand il fallait sortir un avion du hangar. Et tout le monde rappliquait pour donner un coup de main.
Si les gens pouvaient se dire: Que puis-je faire pour Saint-Vaast-lès-Mello?
Il ne suffit pas de mettre un bulletin dans une urne et de se satisfaire du devoir accompli…
Ce village, imaginez-le avec une voirie refaite, des lampadaires de style, les réseaux enterrés.
Il est des endroits où il y a tellement de fils que l’on se demande comment font les piafs pour voler.
Voler toujours voler. Je rêve.

*Les Écuyers du Ciel (Éditons France Empire) retracent la vie des mécanos de l’Armée de l’Air lors des conflits: 39/45, Indochine, Algérie.

 
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